Savoir faire2018-11-30T13:39:19+00:00

Le tapissier d’ameublement

Pour vous offrir la définition la plus précise, je me suis permis de retranscrire une partie de la fiche métier d’art tapissier décorateur/ tapissier d’ameublement appartenant à l’INMA, l’institut national des métiers d’art. Si les métiers d’art vous intéressent je vous encourage vivement à consulter ce site.

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« Si Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, avait préféré la sécurité à la vie trépidante des tréteaux, il aurait pu persévérer dans la charge de tapissier et valet de chambre du Roi en 1637 que son père avait obtenu en survivance pour lui. Mais son choix fut tout autre. Pourtant, ce métier recèle bien des richesses…

Aujourd’hui, un tapissier d’ameublement participe à la décoration d’intérieur. Son domaine d’intervention ne se limite pas à l’univers du siège bien évidemment. Il réalise aussi voilages, rideaux, tentures murales, dessus-de-lit, housses et coussins. Il travaille sur tous les types de fauteuils et canapés, de style ou contemporains, pour les garnir et les recouvrir de tissu ou de cuir. S’il restaure le plus souvent d’anciens meubles, il réalise aussi des créations.

Le travail d’un tapissier consiste à souligner, mettre en valeur et respecter celui du menuisier. Il doit trouver l’équilibre entre les formes d’un siège et la garniture qu’il va y apporter. Dans son travail, le tapissier d’ameublement est amené à collaborer avec des artisans d’art qui peuvent, si nécessaire, restaurer, redorer ou repeindre un meuble.

Le métier de tapissier, tel qu’il est enseigné aujourd’hui, obéit à des techniques séculaires. Si l’on fait abstraction de l’invention du ressort et du capiton au XIXe siècle, les techniques n’ont pas fondamentalement changé depuis les XVII-XVIIIe siècles où seront apparus, au fil du temps, avec le goût de l’intimité, petits appartements et intérieurs cossus qui auront suscité l’extraordinaire essor du mobilier.

D’un point de vue stylistique, l’éventail des tendances est large d’un siècle à l’autre : du néoclassicisme des sièges Louis XVI, on passe, quelques années après la Révolution, aux formes néopompéiénnes et dites « à l’étrusque » sous le Directoire. Les lignes s’affinent sous Napoléon 1er avant de rebasculer vers le goût des étoffes drapées et les garnitures complexes sous le Second Empire. L’Art nouveau sera économe en garnitures et utilisera plutôt des bois blancs et des étoffes d’une grande créativité graphique. Au XXe siècle, avec l’invention du latex puis la mousse synthétique de polyéther issue du polyuréthane, l’exécution deviendra plus rapide et les garnitures prendront des formes plus complexes.

 L’artisanat d’art pratiqué par les tapissiers d’ameublement, n’a pas profondément évolué depuis le XVIIIe siècle. La liste des outils utilisés est à peu près la même : aiguille droite, carrelet (aiguille courbe ou droite), chasse-clou, ciseaux, ciseau à dégarnir coudé, houseaux (épingles), semences (petits clous à tête plate), tire sangle, tenaille à sangler ou tendeur de sangle et tire-crins, par exemple. Dans le cas d’une restauration, si le meuble (siège, canapé) est en mauvais état, il ira d’abord chez l’ébéniste et chez le doreur ou le laqueur, si besoin est. 

Le tapissier d’ameublement travaille en collaboration avec les architectes d’intérieur pour la décoration d’appartements, d’hôtels, de bateaux ou de bureaux. Son rôle tend à évoluer vers une activité de conseil en matière d’aménagement d’intérieur. Il apporte à l’objet confié embellissement et confort. Grâce à ses connaissances en histoire de l’art et de l’ameublement, il respecte les styles et les matériaux d’origine. »

« fiche métier d’art: Tapissier d’ameublement/ Tapissier décorateur » www.inma.fr

Les différentes techniques

Tout commence par la pose les sangles en jute sur le châssis, qui permet d’installer la garniture. Puis vient l’étape de la fixation des ressorts sur le siège du fauteuil qui s’appelle le guindage – étape très importante car elle détermine le confort et la longévité. On recouvre les ressorts d’une toile de jute. 

On passe à la mise en crin quand c’est une garniture traditionnelle, c’est à dire que l’on emballe du crin dans un autre type de toile de jute. Puis on le travaille, en le « modelant » grâce à une technique s’appelant le piquage. C’est aussi une étape très importante – c’est à ce moment que l’on donne vraiment forme à l’assise du fauteuil – et fastidieuse car elle nécessite de la dextérité, de la régularité et de la force ! On exécute différents types de points – qui apportent des jolies lignes et formes géométriques sur la chaise. 

Notre garniture finie et en forme nous pouvons installer la toile blanche et de la ouate qui permettront de poser le tissu et la finition – clous ou galon.

Le travail commence également avec le placement de sangle, élastique cette fois-ci, qui constitue la base de la garniture. On effectue un choix au niveau de la mousse – densité, épaisseur selon le siège ou le dossier – puis un travail de découpe et d’ajustement. Ainsi nous fixons la ouate et la toile blanche pour terminer avec la pose du tissu et de la finition choisie.

Chaque siège est unique: il a son histoire et ses particuliarités.

Une première estimation pourra être faite d’après des photos – au moins trois de préférences, une de face, une de profil et une du dessous. Pour un devis définitif, j’aurais besoin de voir et d’examiner les sièges à votre domicile ou à l’atelier. En fonction de ce diagnostic, nous pourrons convenir ensemble du type de réfection souhaitée selon le budget, le confort souhaité et le style de l’ouvrage à restaurer (époque, contemporain…) Il pourra s’agir d’une réfection complète ou partielle ( avec une technique traditionnelle, semi-traditionnelle ou moderne), d’un changement de couverture ( seulement le tissu), avec éventuellement une réparation de la structure, une rénovation de la patine…